Les soldes et le (ou la) parka
J’adore les soldes. Cet espace d’avancée de l’espèce humaine. Ce moment de partage et de solidarité. Ces instants où l’on peut acheter sans culpabiliser. Dépenser sans se corrompre. Avoir ce que l’on ne veut pas. Posséder beaucoup pour peu.
J’adore les soldes. L’occasion unique de réviser mes capacités en calcul mental, de perfectionner ma perception des couleurs, mes aptitudes en spéléologie en milieu textile, ainsi que ma faculté à slalomer entre des obstacles.
J’adore les soldes. D’ailleurs, c’est en faisant les soldes que je suis tombé à nouveau sur lui (ou elle). Le (ou la, au choix) parka croisé bleu marine en coton léger et à quatre poches frontales, made in Bangladesh. Je l’avais repéré au début de l’automne dans une grande enseigne de la capitale. Bien rangé, sur un beau cintre. Il ne me plaisait pas du tout. Je l’avais même trouvé horrible après essayage.
Comme j’adore les soldes, je suis reparti au combat. Après plusieurs bousculades, sous les cris de bonheur et d’amour d’autres “soldeurs”, je l’ai retrouvé. Par hasard, j’avoue. Sous une montagne de vêtements, par terre. Le (ou la) parka croisé bleu marine en coton léger et à quatre poches frontales gisait là.
J’adore les soldes, donc je l’ai pris en main et je l’ai réessayé. Il y avait encore toutes les tailles. La preuve que tant son style que la qualité du tissu laissaient à désirer. Cela m’allait toujours aussi mal. Le S trop ajusté, le M trop flottant. La couleur fadasse. La longueur, aussi, prouvait le peu de soin à la conception . Trop long pour mon mètre 12. Vraiment, je ne l’aimais pas et je n’en avais pas besoin.
Alors, je l’ai acheté. A 40%, ça ne se refuse pas.
J’adore les soldes.