L’infini et le rectangle de lumière
L’infini est tout. L’élément divin de l’aventure humaine sur Terre. L’infini des possibilités, des explications, des chances, des vérités, des idées et des solutions. Et ainsi de suite. À l’infini.
L’infini est, par essence, non maîtrisable. Un simple préfixe nous fait basculer dans un monde qu’on ne contrôle plus. La différence se résume à deux lettres « IN ».
L’être humain n’a pourtant eu de cesse de tenter d’encadrer l’insaisissable. De lui imposer des limites. De déterminer, préciser, d’encadrer cet espace qui nous échappe. Au cours des siècles, la philosophie, le droit, la politique, la science se sont occupés de l’infini.
En vain. On ne peut battre l’infini. L’homme est limité au monde fini, peut-être. Mais l’infini continue d’exister, par ailleurs. Sans nous, puisque, si nous pouvons le concevoir avec nos moyens limités, nous préférons nous en détourner.
Pourtant, l’infini est là, présent chaque matin. Lorsqu’on choisit de lever les yeux au Ciel. De porter son regard à 360 degrés. De scruter un visage. Une infinité de détails peuvent accrocher notre attention, d’innombrables sentiments et idées peuvent nous traverser. Nous percuter. Nous emmener ailleurs. Partout. À l’infini. La tête qui tourne. L’expérience de l’infini, c’est ce vertige.
Ce matin encore, l’homme a préféré s’en écarter. Le carcan est désormais de plus en plus technologique. Il fait quatre ou six pouces, voire plus. Ces rectangles de lumière sont le cadre, la finitude de notre quotidien.