Le dimanche et le lundi

Le dimanche et le lundi

On est dimanche. J’adore le dimanche, parce que c’est le milieu de la semaine… Ce jour entre le samedi et le lundi, deux espaces temporels qui n’ont rien en commun. Aucune affinité. Deux cultures opposés. Des us et coutumes aux antipodes. Le dimanche est une frontière. Un havre de paix entre deux mondes qui se déchirent. Surtout, lorsqu’il pleut, comme ce jeudi soir.

 

Peu importe, je n’aime pas les calendriers. Ni les montres d’ailleurs. Encore moins les agendas. J’ai eu une tendresse pour le filofax. Mais cela m’est passé. Un amour de vacances, éteint par la difficulté à trouver des recharges.

 

Un calendrier… C’est vrai que je n’aime pas ça! Pourtant, j’y suis soumis comme peu. Organisé, fidèle, obéissant, structuré, jaloux, complet. Que veut-il de plus? Me pousser à bout? Il ne me laisse pas en paix. M’appelle sans cesse. Me rappelle. M’alerte. Me conditionne. M’ordonne. Me guide. M’attache. M’enferme.

 

On est dimanche soir. J’ai pris un café. Un de plus. Pourtant, je préfère le thé. Je voudrais crier, mais, c’est presque Noël et mon sapin dort. Je ne voudrais pas réveiller ses aiguilles. Belles et fragiles. En polymères thermoplastiques. Je voudrais crier, car je devais bosser. J’avais plein de choses à faire. C’est mon calendrier qui le dit.

 

Alors je n’ai rien fait. Logique.

 

J’avais plusieurs articles à terminer. L’un d’entre eux cause de soudure thermique et de matériaux réfractaires. C’est un thème de lundi, pas de dimanche. Le dimanche est pour la folie. L’absurdité. L’incohérence et la déraison.

 

Ce texte-ci est une ruse. Un tour de passe-passe pour gruger mon agenda. Ce tyran. Je tape sur le clavier. Il pense que le travail est fait. Que du contraire…

 

J’ai pris du retard. Accumulé. Demain matin, mon calendrier va disjoncter… Tant pis, on sera lundi. Un autre monde. Une autre vie!